| Quels
boitiers quels objectifs
La
bonne photo, c’est vous qui la faites, pas votre matériel.
Vous pouvez donc faire un excellent travail avec un boîtier de
base, sans aucun automatisme et une seule bonne optique que vous maîtriserez
bien.
Le matériel photographique que j’utilise
varie selon la difficulté du terrain où j’évolue
et l’exigence de qualité que je souhaite. Une photo pour
un magazine n’exige pas d’être aussi piquée
qu’une
photo destinée à un poster. Grimper à 7500 mètres
pour photographier ou voyager en véhicule implique des choix
différents
de matériel pour un simple problème de poids et d’encombrement.
C’est en fonction du voyage et du projet qui y est lié que
je choisis mon matériel.
J’ai commencé à travailler avec un boîtier
24x36 OLYMPUS et des optiques ZUIKO, puis j’ai continué avec
du matériel NIKON et des optiques fixes. Mes optiques de prédilection
en 24x36 étaient le 20mm, le 85mm et le 135mm. Désormais,
je travaille essentiellement en moyen format. J'utilise le panoramique
FUJI GX 617 et ses optiques 90, 180, 300mm pour toutes les photos d'envergure.
J’utilise aussi un boîtier HASSELBLAD H1 et la gamme des
optiques 35mm, 50-110mm et 150mm. Pour les sujets aux lumières
très
contraignantes, je travaille avec un boîtier ALPA et un objectif
BIOGON 38mm.
J’aime travailler en moyen format pour la qualité d’image
et le plaisir de photographier qui sont incomparables, d'autant plus que
je prends toujours beaucoup de temps pour composer mes images, sur pied.
Travailler en moyen format change son approche de la photo. Au lieu de
découvrir dans le viseur sa photo comme souvent on en prend l’habitude
en 24x36 (et pire, de mitrailler en bracketant...), le moyen format incite
à concevoir son image avant de la concrétiser avec le boîtier.
La manière de travailler est donc très efficace pour un
esprit créateur... Techniquement, le moyen format me facilite la
vie sur plusieurs points : je change constamment d’émulsions
au cours de la journée, et en moyen format, je n’ai qu’à
changer le dos de mon boîtier pour changer de film, passer du 50
au 400 asa, de l’argentique au numérique. C’est beaucoup
plus pratique que d’avoir deux ou trois boîtiers 24x36 ou
de rembobiner à chaque fois le film. En revanche, si le poids du
moyen format n'est guère plus lourd qu’un matériel
24x36, l’investissement l’est beaucoup plus...
Cela dit, ne pensez pas qu’il faut ce matériel pour réussir
votre métier. Je l’ai acquis au fil des ans, par souci d’exigence
personnelle. J’ai réalisé 17 livres avec du matériel
24x36 qui m’a parfaitement convenu jusqu’à présent.
La bonne photo, c’est vous qui la faites, pas votre matériel.
Vous pouvez donc faire un excellent travail avec un boîtier de base,
sans aucun automatisme, et une seule bonne optique que vous maîtriserez
bien.
Si vous avez un petit budget, achetez d’occasion un boîtier
entièrement manuel, sortez des placards de famille les vieux appareils
de vos parents. De la qualité de l’optique découle
la qualité de votre image. Pour commencer, investissez dans l’objectif,
pas dans le boîtier. En format 24x36, mettez votre argent dans une
seule optique de gamme professionnelle, de 28 ou 35mm (qui correspond
plus ou moins au regard humain) plutôt que trois objectifs de qualité
amateur.
Assurez-vous cependant qu’elle soit compatible avec votre boîtier
s’il est plus ancien. En matériel moyen format, la version
amateur n’existe pas.
Vous n’avez pas besoin d’être reconnu professionnel
pour acheter des optiques professionnelles. Vous les trouverez chez tous
les revendeurs. Comparées aux versions amateur, la différence
s’affiche déjà dans les prix.
Elles coûtent facilement cinq fois plus cher. Généralement,
une optique amateur est légère et ouvre de 4,5 à
8 s’il s’agit d’un zoom. Avec de telles optiques, vous
décollerez difficilement. C’est comme vouloir partir en régate
avec un tourmentin... On reconnaît une optique professionnelle car
elle est plus lourde et beaucoup plus lumineuse dans le viseur (car elle
ouvre généralement à 2,8 voire moins) et bien sûr,
sa qualité est nettement supérieure.
Pour commencer, il vaut donc mieux acheter une optique professionnelle
d’occasion plutôt qu’une optique amateur neuve. Ne prenez
pas de zoom pour apprendre à photographier. Pour pouvoir exercer
votre vison photographique, vous devez acquérir le regard qui correspond
à votre objectif. Or un zoom ne vous l’enseigne pas car vous
ne savez jamais à quelle focale vous travaillez. Un objectif fixe
vous permet d’acquérir le regard correspondant à sa
focale et donc d’entraîner votre cadrage même sans boîtier.
Bannissez absolument les tout automatiques qui font les réglages
à votre place, font de bonnes photos mais ne vous apprennent rien.
Ne laissez pas votre appareil décider de vos images. Restez aux
commandes de votre créativité !
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