| Vendre
ses photos aux magazines
Le
travail du photographe comprend une partie relationelle et commerciale
importante sans laquelle les chances de publier un sujet en magazine reste
minimes.
Vous devez consacrer autant d’attention à
la vente de vos images que lors de la prise de vue. Et déployer
bien plus d’énergie encore. C’est le point faible de
la majorité des photographes qu’il faut absolument dépasser.
Sinon, vous finirez par vous décourager. Faites un stage de vente.
Les méthodes pour améliorer votre approche commerciale et
la présentation de votre travail existent et elles vous donneront
confiance.
Couvrir un sujet et le présenter est comme rédiger un reportage.
Il faut une introduction, un développement, une conclusion. À
cela viennent se greffer des critères de mise en pages. Vous devez
présenter votre sujet avec un mélange d’images verticales
(pour éventuellement faire la couverture), horizontales (pour éventuellement
faire des doubles pages).
Vous devez bien analyser les reportages du magazine à qui vous
allez présenter votre travail. Chaque magazine a son style. S’il
commence par ouvrir un sujet par trois double pages, agissez de même.
N’investissez pas dans des tirages coûteux.
Présentez votre projet sous forme de diapos en planche transparente,
ou sous forme de petit diaporama sur portable si vous travaillez en numérique.
La forme de présentation change mais pas le fond. Chaque DA (Directeur
Artistique) possède sa table lumineuse, son compte fil et son ordinateur.
Présentez votre sujet en 40 images maximum et prévoyez 40
photos supplémentaires en vrac pour que le DA puise d’autres
images, s’il le souhaite. La difficulté est d’être
objectif. On a toujours un faible pour des images trop personnelles et
qui ne parlent qu’à soi. Il est donc important de présenter
des images de second choix selon vos critères mais qui peuvent
devenir de premier choix pour un DA. Surtout cultivez l’humilité.
Les DA voient des dizaines de bons sujets chaque jour... Travaillez absolument
l’écriture. Cela vous permettra de faire un réel travail
d’auteur. Vous pourrez alors vous lancer dans des sujets qui vous
sont très personnels et que vous pourrez exprimer à la fois
par l’image et le texte. Les deux sont complémentaires. Votre
texte peut toujours être retravaillé par la suite. Mais vous
aurez fourni la base. Écrire vous permet aussi de mieux cadrer
votre travail photographique.
Internet a modifié la façon de travailler
pour les rédactions et la vente de reportage devient plus difficile.
En effet, les magazines consultent des photos reçues du monde entier
et ont donc beaucoup plus de choix. Ce qui signifie aussi, si l’on
regarde le bon côté des choses, que vous pouvez contacter
sans vous déplacer les magazines du monde entier pour vous faire
connaître. Cependant, ne limitez pas votre relation à un
magazine au seul envoi de vos photos ni à vos textes, ou à
l’envoi de votre diaporama par e-mail. Vous ferez votre place auprès
d’un magazine surtout par votre sympathie, votre aptitude à
communiquer votre passion, à établir des liens. Vous avez
en face de vous des humains comme vous, aussi stressés par leur
travail que vous êtes soucieux pour le vôtre. Comprenez-les.
En voyage, lorsque vous devez affronter une difficulté, un douanier
récalcitrant, un train archi bondé, vous usez de toute votre
psychologie, vous donnez le meilleur de vous-même pour arriver à
vos fins. Lorsque vous présentez vos photos, faites de même.
En matière de prix, chaque magazine pratique un tarif fixe par
page, selon son tirage. Vous pouvez évidemment discuter le tarif
si votre sujet est exceptionnel. Tout est question d’échange.
Grosso modo, en Europe, les tarifs varient de 2.000 € à 20.000
€ pour un reportage de 8 à 10 pages.
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